Premières impressions sur Jolicloud

Jolicloud, mar. 2010J’ai craqué la semaine dernière pour un netbook (un Samsung N140). Comme c’est malheureusement toujours le cas, il était pré-installé avec Windows, la version Seven Starter ultra bridée de surcroit. Je me suis empressé de chercher une distribution Linux adaptée. Etant plutôt un adepte de KDE, j’ai d’abord regardé du côté de Kubuntu. La version netbook de Kubuntu (appelée Kubuntu Netbook Remix) est encore en l’état de « Technology Preview », donc je me suis dit que j’allais attendre un peu et j’ai immédiatement installé Jolicloud, « The OS your netbook has been screaming for » d’après le site Engadget.

L’équipe de Jolicloud est partie d’une base Linux (en l’occurence une Ubuntu Netbook Remix) et a tout fait pour rendre l’expérience utilisateur aussi simple et conviviale que possible, tout en étant ultra optimisé pour les netbooks. Alors, pari réussi après quelques jours de tests ?

  1. Simple. Oui pari gagné. C’est extrêmement facile à installer en partant d’un Windows pré-installé sur le netbook. Il est possible d’installer Jolicloud sans effacer Windows, pour ceux qui souhaiteraient faire marche arrière. Oubliez tout ce que vous avez vu pu entendre sur Linux (« c’est compliqué », « ça ne marche pas avec mon matériel » ou « il faut faire de la ligne de commande pour installer un driver »). Absolument tout le hardware du Samsung N140 a été reconnu du premier coup (le Wifi, la webcam et même la clef 3G Huawei E160 fournie par Orange). Un vrai bonheur.
  2. Optimisé pour les netbooks. Oui pari gagné là aussi, c’est une très belle optimisation pour les netbooks. Sur un écran de 1024 x 600, chaque pixel compte et tout est fait pour gagner de l’espace (pas de bordure de fenêtre, barre de navigation de Firefox intégré dans le bandeau haut, etc. ). Jolicloud est compilé avec des optimisations spéciales pour les processeurs Atom, avec à la clef de meilleures performances qu’une distribution Linux générique. Je précise que je n’ai pas testé pour confirmer si cela se ressentait.
  3. In the cloud. Avis mitigé. Jolicloud propose un système très convivial pour installer des applications. On y côtoie du Facebook, du LinkedIn, du Google Maps avec du Gimp, du VLC, le tout dans une interface bien hiérarchisée. Ce qui m’ennuie, c’est la confusion volontairement entretenue entre « application web » (comprendre site web comme Facebook, LinkedIn and Google Maps) et application (au sens programme qui tourne localement comme Gimp et VLC). Les premières ne sont ni plus ni moins que des sites webs affichés avec Prism (un logiciel basé sur Firefox pour exécuter un site web comme une application autonome). Elles ont besoin d’une connexion Internet pour fonctionner. Je trouve que le fait de mélanger les deux, sans les distinguer clairement, est source de confusion pour les néophytes. Pour quelles applications dois-je être connecté à Internet et lesquelles sont fonctionnelles sans connexion Internet ? Le jour où les applications webs auront toutes un mode hors ligne (comme Gmail avec Google Gears par exemple) ou le jour où les réseaux sans fil seront ubiquitaires et bon marchés, alors la question ne se posera plus. Mais on n’y est pas encore 😉
  4. Social. Pas encore. J’avoue que je m’attendais à plus de fonctions « sociales ». Dans la version que j’ai testé, on peut « suivre » (au sens « follow » comme dans Twitter) d’autres Joliclouders. Mais, à ce jour, la fonction en est à ses balbutiements. Je veux dire que je m’attendais à une sorte de mashup de réseau sociaux. Je m’attendais, en « suivant » un Joliclouder, à automatiquement suivre ses posts sur Facebook, ses twits, ses images sur Flickr, etc… Peut être dans une prochaine version, car Jolicloud n’en est qu’à ses débuts.

En tout cas, je reste sur Jolicloud pour l’instant. Par curiosité, j’essaierai surement Kubuntu Network Remix lors de la sortie de Lucid Lynx (la prochaine version de Kubuntu prévue fin avril 2010). Mais je suis globalement satisfait avec mon joli nuage 🙂

Note pour ceux qui souhaitent installer leurs logiciels KDE favoris : j’ai installé digikam en faisant un classique :

Aptitude vous demandera d’enlever les paquets suivants :

Vous pouvez accepter sans problème. Ces paquets peuvent être supprimés une fois Jolicloud installé (information donnée par un développeur de Jolicloud).